AFPI

Programme

Valorisation de l’industrie en Limousin / Lieu d’innovation : ateliers recherche et développement / Lieu de tourisme industriel / Lieu de rencontre étudiants-entreprises

Projet

Genius Loci, créer un lieu

Situé sur une colline avec des vues lointaines, bien exposé au Sud, le terrain a des atouts que le bâtiment révèle. En posant deux ailes qui s’ouvrent au paysage, en embrassant la vue au cœur d’un jardin qui organise les déplacements des apprentis, le but du projet est de connecter le bâtiment à la topographie, les activités à la nature, les usagers au paysage.

Cohérence d’un message

Ce lieu d’apprentissage et de vitrine des savoirs et production industriels, montre son efficience en tant que bâtiment, au système constructif simple, généreux, sans poteau intermédiaire, qui permet la réversibilité des espaces, il est brut comme la charpente le permet, mais avec une touche chaleureuse, humaine, et respectueuse de l’environnement comme message, inscrit dans l’économie et les filières locales.

Apprendre mieux

Les espaces d’enseignement confortables sont des atouts dans la qualité à la fois du point de vue de l’enseignant, que des apprentis, qui disposent d’un espace facile à aménager, bien éclairé naturellement, à la bonne intelligibilité acoustique, solide, facile d’usage.

Un bâtiment durable

La qualité architecturale constructive et paysagère centre de formation est de nature à faire de l’investissement un ensemble immobilier de qualité.

Le site

Le site se caractérise par :
– Une orientation forte vers la vue et le soleil au sud
– Le pendant à cette orientation principale vers le nord et le petit bois.

La topographie est caractérisée par une pente faible, mais une forte différence de niveau avec la rue. Le e site est perceptible depuis l’entrée de la rue Soyouz, le mode d’accès privilégié sera par véhicules privés.

L’implantation du bâtiment tend à tirer parti de ces éléments :
– Diviser les bâtiments de formation (de type industriel) en deux, afin de «coller» au terrain naturel et de ne pas avoir à le remodeler trop fortement.
– Orienter les deux bâtiments ainsi créés vers le paysage, en soulignant l’axe entre la forêt au nord et la vue au sud.
– Profiter de la façade de côté pour créer un signal clairement identifiable depuis le début de la rue Soyouz.
– Le principe d’aménagement des bâtiments se poursuit sur l’aménagement des extérieurs. Cela permet une transition douce entre l’espace public et l’AFPI. La topographie interdit de construire au niveau de la rue (sauf terrassements), c’est donc l’aménagement qui va permettre aux usagers d’aller vers le bâtiment.

Programmation et adaptations proposées :
– Offrir un espace fluide, ouvert, favorisant l’échange et la rencontre.

L’ambition de l’AFPI nous a semblé être avant tout de créer un lieu de rencontres :
– Rencontre entre un apprenti et son futur métier.
– Rencontre entre un savoir et son application pratique.
– Rencontre entre les industriels et le grand public.
– Rencontre entre un individu et le monde du travail…

L’organisation générale du bâtiment tend à favoriser ces diverses rencontres :
– L’entrée, centrale, largement ouverte est tout à la fois la zone d’accueil, la vitrine show-room et l’espace de distribution des différents pôles. Les espaces de détente et de convivialité sont à proximité immédiates. Elle dessert directement la cour intérieure
– La cour intérieure est un espace généreux. Il ne donne pas directement sur l’extérieur car c’est avant tout le cœur privé du bâtiment.
– Les trois pôles d’enseignement sont distribués directement depuis l’entrée. Deux grandes halles accueillent les ateliers :
– La halle «ateliers technologies industrielles» est située un niveau en dessous de l’entrée. Cela permet une meilleure adapta­tion au terrain naturel et permet d’offrir une vue générale du bâtiment depuis l’espace de vitrine situé en mezzanine. Une attention particulière à l’acoustique permet de limiter les cloisonnements et de laisser circuler la lumière sur tout l’espace de la halle.
– La halle «école des métiers d’art» reprend les mêmes schémas d’organisation, un grand atelier, sur le côté où la toiture est la plus haute, dessert des pièces plus petites et qui peuvent être fermées.
– Une desserte par coursive extérieure met en relation visuelle ces deux pôles et créée un lieu de rencontre et de vie.

Jouer avec l’image du bâtiment industriel, pour le sortir de l’anonymat et lui redonner un caractère.

Comment construire de grands volumes dans un budget serré ? Il existe des systèmes industriels qui répondent à cela et qui sont utilisés dans tous les entrepôts et usines récemment construits : système poteaux-poutres avec habillage par plateaux et bardages métalliques. Outre qu’ils sont généralement peu performants énergétiquement, cela a pour principal inconvénient de générer une architecture impersonnelle et banale, que l’on retrouve aussi bien dans les magasins des zones commerciales que dans les entrepôts logistiques.

La démarche du projet est de partir de cette «peau» banalisée, et de la modi­fier pour s’adapter au projet.

D’un point de vue de l’image, trois leviers sont utilisés :
– L’utilisation raisonnée du bois en façade permet d’apporter une touche de douceur, une personnalité plus chaleureuse au bâtiment.
– Les ouvertures sur l’extérieur sont traitées de façon généreuse. Au-delà du rôle pour le confort intérieur, cela apporte une image de qualité.
– Les détails constructifs ont une importance capitale dans l’image renvoyée. Autant les bâtiments industriels sont généralement frustes (traitement des angles et des ouvertures par des profilés épais et standardisés), autant notre travail sera de traiter avec finesse les transitions entre les matériaux, les ouvertures…

Trouver le meilleur rapport performance/prix. L’ambition est de créer un bâtiment qualitatif et adaptable dans un budget très contraint.

Les salles d’apprentissage sont des halles simples sans retombées de structure intermédiaires. Ce qui permet de d’envisager une totale évolutivité des espaces intérieurs. La portée choisie, d’environ 20 m de façade à façade, est le compromis le plus efficace entre habitabilité, éclairage naturel et économie des structures.

La structure principale est constituée de poutres treillis en bois. La structure secondaire, d’une portée de 6 m de poutres à poutres, permet l’utilisation de sections standardisées de bois massif du commerce, dans des hauteurs compatibles avec les besoins d’isolation (meilleure rapport qualité prix). Chaque poutre treillis, d’une hauteur d’environ 2m, permet la création de sheds, apportant la lumière naturelle dans les espaces de travail. La couverture présente une pente de 10% compatible avec une couverture en bac acier, ce qui permet une importante économie d’échelle. Les façades et les toitures sont constituées de caissons préfabriqués en ossature bois, avec un isolant en ouate de cellulose insufflée. Les façades sont majoritairement revêtues de bac acier, mais les façades donnant sur la cour, ainsi que quelques éléments de façades donnant sur l’entrée sont recouvertes de bardage en bois.

Ce choix est également fixé par un objectif rationnel de rapport qualité prix. L’isolant ouate est fabriqué avec des journaux recyclés, ce qui lui confère un bilan écologique remarquable. D’un point de vue de performance pure, il ne subit aucune dégradation en cas de charge d’humidité contrairement aux isolants de type laine minérale. Il permet un déphasage important, ce qui lui donne un avantage important pour le confort d’été (pour éviter les surchauffes). Enfin c’est le moins cher des isolants bio-sourcé disponible sur le marché, avec un prix moyen qui s’approche de celui de la laine minérale, pour une performance globale bien supérieure.

Le parement intérieur est constitué de panneau fibrociment de type duripanel pour les parties accessibles (jusqu’a une hauteur de 2,3m). Au-dessus, ce maté­riaux est remplacé par un isolant type fibralith, constitué de fibres de bois minéralisés. C’est un matériau bon marché, qui offre un complément d’isolation thermique, et qui surtout permet une excellente absorption acoustique. Seule sa relative fragilité empêche de l’utiliser dans les zones accessibles susceptibles d’être dégradées.

Ce complexe est largement préfabricable, ce qui permet une économie d’échelle, et permet de traiter de façon esthétique les murs intérieurs des ateliers sans avoir besoin de finitions rapportées. L’argent est ainsi investi dans des volumes généreux, d’un bon confort acoustique et thermique, largement éclairés naturellement, plutôt que dans des finitions intérieures.

Les volumes intérieurs sont dans la mesure du possible largement ouverts, uniquement cloisonnés en partie basse. Cela permet une bonne circulation de la lumière, permet de profiter de l’ampleur de la halle, et simplifie drastiquement la distribution des fluides et l’évolutivité future. Seules les salles nécessitant une isolation acoustique sont fermées sur toute leur hauteur.

Une coursive extérieure couverte permet de desservir l’ensemble des locaux de formation. Ce choix raisonné permet d’éliminer pratiquement toute circulation intérieure. Bien entendu cette coursive peut être remplacée par un couloir chauffé. Mais compte tenu du budget disponible, cette économie nous parait avoir tout son sens. De plus une circulation intérieure à travers les ateliers reste parfaitement possible, que ce soit pour les enseignants ou pour les livraisons de matériels et de machines. Une matérialisation des espaces de circulation est prévue pour la sécurité.

Pôle banalisé et administration : Le système de shed vient s’extruder au niveau de l’entrée pour former un petit immeuble, dans la continuité de la halle. Cet immeuble n’est pas construit en ossature bois : cette technique ne nous semblait pas adaptée par rapport aux exigences acoustiques et de sécurité dans l’enveloppe budgétaire allouée. C’est donc une technique traditionnelle en maçonnerie et dalles béton qui a été préférée. En revanche la vêture en bac acier est maintenue, avec un système d’isolation par l’extérieur qui permet une bonne performance et un très bon confort d’été.

Chauffage ventilation – performance énergétique : Plus un bâtiment est performant énergétiquement, plus il est sensible et difficile à «régler». Le seul outil fiable de conception est la simulation thermique dynamique, qui permet d’analyser le comportement du bâtiment sur des cycles de plusieurs années, en prenant compte des variables comme des épisodes climatiques extrêmes, des hypothèses d’occupation, de ventilation, ou encore l’énergie dégagée par l’éclairage, les ordinateurs ou les machines. Une telle étude n’est pas possible à ce stade du projet, c’est pourquoi nous nous sommes basés sur des hypothèses réalistes découlant de notre expérience qui seront à affiner ultérieurement.

Chauffage : L’hypothèse retenue est un chauffage par panneaux rayonnants couplés à une chaudière gaz à condensation. Ce système a été privilégié par rapport à d’autre (par exemple chauffage des ateliers par air et production par roof tops) car il permet de libérer totalement l’espace des ateliers (panneaux rayonnant au plafond), tout en étant adapté au chauffage de petits espaces (radiateurs). De plus la production de chaleur est possible par le réseau de chaleur présent sur la zone.

Dans les ateliers, nous vous proposons de compléter ce système par des panneaux solaires air/air sur les façades sud des sheds. S’ils sont un petit peu moins performants que les systèmes à fluide caloriporteur, ils ont l’avantage de la simplicité et de l’absence quasi totale d’entretien. Ces panneaux permettraient de maintenir en température les ateliers à peu de frais, le complément de confort étant apporté par les panneaux rayonnants.

Sur le bâtiment administratif et les salles de cours, une ventilation double flux permettra le renouvellement d’air et la récupération de calories.

Coût : Tenir dans une enveloppe budgétaire très serrée un projet ambitieux nécessite quelques compromis.

Ce que nous avons compris de la volonté du maitre d’ouvrage nous a poussé à privilégier :
– Une image attractive
– Une grande fonctionnalité des espaces
– Une bonne performance énergétique.
– Nous y avons ajouté une attention particulière aux ambiances (lumière naturelle abondante et ambiance sonore confortable…), et à l’insertion dans le site.

Le budget étant plus proche de celui d’un bâtiment industriel que d’un bâtiment d’enseignement, quelques compromis ont été fait en première approche :
– Certaines circulation sont extérieures, en coursives couvertes.
– Les finitions intérieures sont basiques, du moins dans les salles de cours et les ateliers.

mission

Concours

date

2012

maître d'ouvrage

AFPI Limousin (Association de Formation Professionelle de l'Industrie du Limousin)

maître d'oeuvre

Oekoumène + R2K/architectes / Architectes - Gaujard technologie

surface

9000 m²

coût global

 3 500 000 €